Ornikar, En voiture Simone… les startups du permis de conduire se multiplient

Depuis 2013, de nombreuses startups d’auto-écoles en ligne voient le jour, témoignant d’une volonté de surfer sur la vague du marché prospère qu’est l’obtention du permis à points. Entre prix cassés et passage au tout-numérique, ces entreprises entendent changer la façon d’enseigner la conduite. 

Cinq startups d’auto-écoles en ligne ont vu le jour, en France, ces dernières années : En voiture Simone, Ornikar, Permigo, Auto-ecole.net et Lepermislibre. Elles reposent toutes sur un principe similaire, secret de leur compétitivité : leur statut online. Et ce statut plaît aux investisseurs. Il y a moins de trois mois, la startup Ornikar levait 10 millions d’euros pour accélérer son développement.

Comme de nombreuses entreprises aujourd’hui (Uber, Deliveroo..), ces entreprises n’ont nul besoin de personnels administratifs, de locaux, ni de professeurs salariés, employant à la place des indépendants. Elles s’assurent alors des prix défiants toute concurrence : comptez autour de 750 euros pour un forfait code de la route et 20 heures de conduite, contre près de 1.100 euros dans une auto-école traditionnelle.

Ces start-ups justifient leur format en ligne par une volonté de coller à l’ère du temps. En voiture Simone déclare ainsi désirer rester “au plus près des attentes de [ses] élèves”, ceux-ci étant toujours plus mobiles et connectés. Pour ce faire, la start-up propose des cours de code sur Internet (ce qui en facilite l’accès) et des leçons de conduite à Paris, Lille, Lyon, Toulouse ou encore Bordeaux. Ces derniers sont assurés par des enseignants indépendants diplômés d’Etat, pour lesquels la plateforme ne sert que d’intermédiaire entre les professeurs et les  élèves.

Le fonctionnement est pour ainsi dire identique dans chacune de ces start-ups, hormis la zone géographique couverte, fluctuante selon la plateforme et son stade de développement. Cours de code, de conduite, et passage de l’examen le jour J : ces jeunes pousses fonctionnent exactement de la même manière que les classiques auto-écoles locales dont nous avons l’habitude. Seul le site Auto-ecole.net se distingue en employant des salariés et en disposant d’ores et déjà de ses propres locaux sur l’ensemble du territoire français.

En parallèle, née d’une envie de créer un comparateur fiable d’auto-écoles, Vroomvroom.fr a vu le jour en 2013. Véritable boussole dans ce milieu plus que compétitif, l’entreprise fait primer l’avis authentiques d’anciens élèves et fournit aux aspirants conducteurs une comparaison des prix leur permettant d’obtenir leur permis au meilleur prix.

Une certaine réticence envers ces nouvelles offres

Aussi, Nicolas Grumberg, directeur général de la start-up Vroomvroom.fr depuis l’été 2017, nous a partagé son avis mitigé sur le phénomène des auto-écoles.  En effet, celles-ci sont référencées sur son site puisque répondant aux critères pour y être. Toutefois, il apparaît que ce modèle ne le convainc que peu, il conseille même aux aspirants conducteurs de dépenser légèrement plus pour prétendre à une meilleure formation. A son sens, ce système offre moins de suivi aux élèves.

Lucas Tournel, cofondateur de Le Permis Libre, rétorque en soutenant l’opposé, insistant sur l’importance donnée au suivi dans sa start-up : à la fin de chaque cours, l’enseignant doit remplir le livret de suivi, sous peine de ne pas être payé pour ces heures. De plus, Lucas Tournel rappelle qu’en permettant aux élèves de noter les professeurs sur l’application en fin de cours, il s’assure de la qualité de l’enseignement, contrairement aux auto-écoles traditionnelles. Un moniteur mal noté est forcément moins sollicité, au grand dam de ces instructeurs indépendants. Enfin, le startuppeur prône une absence d’engagement dans la durée, gage d’honnêteté selon lui : l’élève peut arrêter sa formation à tout moment et être remboursé.

Finalement, ces start-ups promettent une expérience différente de l’apprentissage de la conduite. Zachary, par exemple, est en classe préparatoire à Paris. Au moment de passer son permis, il a l’embarras du choix, mais une contrainte de temps importante, qui le pousse à se tourner vers des auto-écoles à horaires flexibles. Après un premier contact avec un de leurs moniteurs indépendants, il choisit Ornikar et décide de continuer sa formation avec l’instructeur en question. Au bout de 38 heures de conduite, il obtient le code et le permis du premier coup, en ayant payé au total 1 500 euros, contre 2 400 euros s’il avait choisi une auto-école classique.

De son expérience avec la start-up, il ne tire que des avantages : il loue notamment la qualité du service en ligne, dont il souligne la réactivité. Il déclare ainsi avoir pu être épaulé dans son inscription en tant que candidat libre, et s’est senti bien suivi. En définitive, il n’hésite pas à recommander Ornikar à ses amis qui souhaitent passer cet examen, car son expérience lui a permis d’outrepasser ses appréhensions initiales, comme il nous le confie volontiers.

Toutefois, il reconnaît que sa bonne expérience avec l’entreprise est en grande partie liée à son moniteur, dont il a apprécié les qualités de pédagogue, ce que la start-up – ni aucune auto-école classique – ne peut réellement garantir !

Crédits photo : CC0 Licence

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