Nouvelles prothèses robotiques : une révolution dans le domaine médical ?

Michael Goldfarb, professeur de génie mécanique à l’université de Vanderbilt a conçu une cheville prothétique qui imite parfaitement les mouvements d’une cheville humaine. Les nouvelles technologies, notamment l’impression 3D, vont-elles accélérer les innovations médicales et les recherches prothétiques ?

La plus grande différence entre l’appareil de Goldfarb et les autres prothèses disponibles sur le marché est que, contrairement à elles, cette cheville innovante s’adapte à son environnement. “Cet appareil s’adapte d’abord et avant tout à ce qui l’entoure. C’est intelligent et adaptable”, explique Goldfarb dans une vidéo de promotion du nouveau membre prosthétique.

Comme expliqué sur le site de l’université : “les prothèses de cheville aujourd’hui disponibles sont statiques, elles ne permettent pas aux utilisateurs d’adapter leur marche selon différents terrains.”

La nouvelle cheville robotique est bien différente des prothèses classiques, avec son minuscule moteur et ses capteurs collaborant ensemble pour s’adapter à chaque type de sol. Mike Sasser, un des premiers patients à tester cette innovation au sein du laboratoire d’ingénierie de l’université, explique à quel point cette cheville a changé sa vie. “[La cheville robotique] bouge mon pied à ma place. Elle le soulève par elle-même lorsque je fais un pas, je n’ai plus à le traîner au sol.”

“J’avais d’ores et déjà essayé les chevilles hydrauliques qui n’avaient aucune sorte de microprocesseurs. Elles étaient maladroites, lourdes et ne correspondaient pas aux personnes actives. Ici, c’est tout sauf cela”, explique Sasser. “L’idée même d’inconfort, d’instabilité, disparaît avec cette machine”, ajoute Goldfarb.

Un autre avantage de cette innovation, moins impactante mais notable, est la possibilité pour les greffés de porter différents types de chaussures. La cheville s’adapte une fois de plus à celles-ci, contrairement aux chevilles prothétiques traditionnelles. Comme l’explique Goldfarb sur le site de l’université de Vanderbilt : “les patients peuvent monter et descendre des rampes, des escaliers. L’outil devine ce qu’il a à faire en fonction de votre activité.”

De nouvelles possibilités futures pour les amputés

Une telle innovation pourrait changer la vie de nombreuses personnes. Une étude publiée en 2007 par l’International Society for Prosthetics and Orthotics a en effet révélé que plus de 35% des prothèses motorisées et 45% des prothèses électriques étaient abandonnées par leurs propriétaires. La principale raison ? La difficulté d’usage de ces outils.

D’autres entreprises et laboratoires universitaires tentent de révolutionner le milieu de la prothèse, comme le groupe Biomechatronics du Media lab du MIT ou comme l’entreprise Open Bionics. Les récentes technologies, telles que l’impression 3D, leur permettent en effet de créer des prothèses et des chaussettes de port sur-mesure, favorisant la fidélité des patients, mais également des prothèses moins chères et adaptées à chacun.

Du côté de la fabrication, l’ONG Handicap International a d’ores et déjà commencé à conseiller et à utiliser les technologies d’impression 3D pour créer des prothèses sur-mesure. Les temps de fabrication sont ainsi réduits, résultant automatiquement en une distribution plus vaste et globale.

Selon Future Market Insights, le marché des prothèses orthopédiques devrait atteindre les 3 millions de dollars d’ici la fin 2028.

Crédits photos : YouTube Vanderbilt University

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