Sport et technologies : plus loin, plus vite… plus sûr ?

“Citius, altius, fortius” ou “plus vite, plus haut, plus fort” comme le veut la devise olympique. Aujourd’hui, les athlètes de haut niveau continuent de repousser les limites du corps humain pour atteindre de nouvelles performances, toujours plus impressionnantes. Quel rôle jouent les nouvelles technologies dans cette progression ?

L’Homme pratique le sport à haut niveau depuis des décennies, des siècles même. Pourtant, les nageurs les plus rapides continuent de battre des records, tout comme les sprinters les plus vifs. Nous n’avons pourtant pas évolué en une forme 2.0 de l’être humain, alors comment réussissons-nous à toujours dépasser les limites de nos corps ?

Il y a, bien entendu, plusieurs facteurs qui le permettent, des équipements plus modernes à la nutrition en passant par les changements d’entraînements, et parfois même des règles même de certains sports. Aujourd’hui, nous nous penchons sur un de ces facteurs en particulier : les nouvelles technologies.

Les athlètes ne deviennent pas réellement plus grands, plus rapides ou plus forts, comme l’explique avec brio David Epstein dans ce Ted Talk sur le sujet.

Nouvelles pistes synthétiques, nouvelles chaussures, nouvelles combinaisons… Nos capacités à repousser  les capacités du corps humain ont plus à voir avec les progrès effectués en matière de matériaux et d’équipements plutôt qu’avec la biochimie à proprement parlé. Les nouvelles technologies, telles que le Big Data ou l’intelligence artificielle vont-elles, toutefois, accélérer ces développements ?

A moins d’avoir passé les dix dernières années dans une grotte, vous avez probablement remarqué l’arrivée fracassante de l’intelligence artificielle dans notre société. Les athlètes ont, eux aussi, eu vent des nouvelles innovations en terme d’IA, et se sont naturellement tournés vers ces nouvelles technologies pour continuer d’améliorer leurs performances.

Customiser les entraînements

Certaines entreprises, comme WHOOP par exemple, ont choisi de proposer des bracelets et montres connectés aux athlètes de haut niveau. Les sportifs les utilisent pour relever leurs données biochimiques et ainsi savoir quand et comment récupérer le plus efficacement possible.

L’entreprise a compris que chaque activité physique demandait des mouvements différents et propres à chacune de celles-ci, nécessitant, de ce fait, différents types de récupération. Les montres WHOOP sont d’ores et déjà utilisées par les sportifs de la Ligue majeure de Baseball -qui vient d’autoriser l’utilisation des montres pendant les matchs- et de la ligue de football américain, avec qui l’entreprise vient d’obtenir un partenariat.

Contrairement aux autres systèmes d’objets connectés, WHOOP récupère près de 100 megabytes de données par jour (100Hz). L’Apple watch, en comparaison, ne relève les données des sportifs qu’une fois par minute environ (.01 Hz). Une efficacité qui permet à la jeune pousse de se faire remarquer par Kevin Durant, l’association de joueurs de la ligue de football (NFLPA) ou encore Russell Okung, qui ont tous trois rejoint le club très privé des investisseurs de WHOOP. La startup a ainsi réussi à lever plus de 25 millions de dollars en mars dernier.

D’autres structures suivent également ces dernières tendances technologiques, telles que le Peak Performance Project (P3), un centre d’entraînement et de recherche californien. Il couple les technologies de motion-capture avec l’intelligence artificielle pour créer des plannings d’entraînement customisés et uniques pour chaque athlète.

Leur système, très impressionnant, regroupe 10 caméras 3D qui capturent et analysent chaque mouvement des sportifs. Ils enregistrent et transfèrent plusieurs milliers de données par seconde dans leurs logiciels d’analyse.

Comme expliqué sur le site du P3, le centre “travaille en sachant que chaque être humain est construit de manière unique. Chaque athlète a des capacités différentes, une biochimie unique et, de ce fait, des forces et des faiblesses qui lui sont propres. Les technologies du centre P3 permettent de créer des programmes et des exercices sur-mesure pour correspondre aux besoins de chacun.”

Credits : Ohio University

Plus de sûreté grâce à l’IA

Le corps n’est pas toujours le seul et unique moyen d’améliorer ses performances sportives. C’est d’autant plus vrai pour les sports automobile, où la vitesse peut entraîner de nombreux dangers et/ou accidents.

C’est dans ces conditions qu’Argo AI a fait son entrée dans ce monde motorisé, avec son système de détection de malfonctionnements des véhicules et ce, même à grande vitesse.

La startup travaille avec Ford depuis cinq ans déjà. L’entreprise s’était d’abord engagée sur la voie des véhicules autonomes, avant de se rétracter et de dédier son activité à la maintenance prédictive. L’entreprise est une des premières à intégrer cette technologie au monde automobile.

Bien entendu, d’autres sports sont souvent témoins de vilaines blessures et d’accidents. Les traumatismes crâniens et autres commotions cérébrales sont communs dans le monde du football américain, sans compter les nombreuses entorses ou même les fractures de fatigue dans le monde du football ou du basketball. Continuer de payer ces joueurs des millions chaque année tout en risquant de perdre sa mise à la moindre blessure est un pari risqué pour de plus en plus d’investisseurs.

Heureusement, la maintenance prédictive permet aussi de surveiller et de protéger les athlètes. Au baseball par exemple, les blessures aux épaules ou au coude représentent une vaste majorité des cas observés par les médecins du sport. Un cas d’autant plus courant pour les lanceurs. Pour mettre mal à cette tendance, de plus en plus d’équipes ont décidé d’utiliser le modeling digital pour analyser et comprendre quels types de jeu favorisent l’arrivée de blessures.

Au football américain, une méthodologie similaire est utilisée pour détecter les premiers signes de commotions chez les joueurs. Une utilisation qui devrait très prochainement rejoindre les nouveaux protocoles mis en place par la NFL il y a peu.

Crédits : CC0 Licence

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