Vers l’infini et au-delà : toujours plus d’innovations en matière de conquête spatiale

La chasse aux étoiles se trouve une deuxième jeunesse. Côté NASA, on prépare le lancement d’un nouveau télescope spatial qui remplacera Hubble en 2020. A l’ESO, organisation intergouvernementale pour l’astronomie en Europe, on se tourne vers un nouveau télescope terrestre censé révolutionner notre perception du cosmos d’ici 2024.

L’observatoire astronomique de l’European Southern Observatory (ESO) se situe dans le désert de l’Atacama, au Chili. Il met trois sites et différents outils de pointe à la disposition de la communauté scientifique européenne.

Le VLT (Very Large Telescope) y a été mis en place dès 1998 pour scruter le ciel étoilé. Il y a quelques semaines de cela, il capturait pour la première fois en images une protoplanète en formation située à 370 années-lumière de la Terre.

L’étoile, PDS 70, est une étoile naine âgée de moins de six millions d’années. La planète tout juste née, PDS 70 b, est une planète géante gazeuse surprise en pleine formation. L’objet, brûlant, est plusieurs fois plus massif que Jupiter et plus gros que la plus grosse de nos planètes. Sa surface est chauffée à plus de 1000 °C, des conditions dantesques, quasi stellaires, en fait, qui expliquent que cette planète monstrueuse ait pu être détectée.

Pour la première fois, les astronomes avaient pris en photo une planète naissante, encore plongée dans le disque de gaz et de poussières entourant sa jeune étoile. Pourtant, et malgré  cette réussite historique, le VLT sera bientôt surpassé par un tout nouvel outil : l’ELT.

L’ELT, ou télescope du futur

L’ELT (Extremely Large Telescope) est un projet de télescope terrestre flambant neuf prévu pour l’année 2024. Il sera installé tout près du site hébergeant actuellement l’ancien VLT. L’efficacité optimisée du nouveau géant repose sur deux innovations : la fragmentation des miroirs et l’optique adaptative.

Le diamètre du miroir principal de l’ELT n’est pas constitué en un seul morceau. Ce dernier est composé de 798 segments hexagonaux qui possèdent tous une forme différente selon leur position dans l’assemblage, long de 39 mètres. Cette fragmentation des miroirs devrait permettre au télescope de “collecter quinze fois plus de lumière que les plus grands télescopes optiques actuels”, si l’on se fit aux dires de l’ESO.

Le télescope disposera d’un système d’optique adaptative qui aidera à compenser les effets des turbulences atmosphériques (comme les masses d’air de températures différentes par exemple). Ces dernières font fluctuer la lumière qui arrivera jusqu’au sol. Les quatre miroirs supplémentaires de l’ELT bougeront plusieurs centaines de fois par seconde pour éliminer les distorsions provoquées par l’air en temps réel.

Les fluctuations de l’air sont mesurées à l’aide “d’étoiles-guides” simulées à l’aide de faisceaux laser qui jaillissent du télescope. Les impulsions “excitent les atomes de la couche de sodium dans l’atmosphère” et leur fait émettre un éclair de lumière jaune qui crée un point de référence. L’éclair brille durant un court moment et permet au système d’optique adaptative de s‘ajuster en continu aux changements atmosphériques.

Le “plus grand télescope optique et infrarouge au monde” apportera des contributions à la recherche cosmologique et la nature de la matière noire, entre autres. Toutefois, il se concentrera surtout à la recherche de mondes similaires au nôtre. Il étudiera les planètes qui gravitent dans les zones habitables d’autres systèmes pour trouver la perle rare : un endroit où la vie pourrait exister.

Crédits photos : eso.org

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