Ouragan Florence : quelles retombées économiques ?

Une fois de plus, le vent a tourné aux Etats-Unis. L’ouragan Florence, comme beaucoup avant lui, a causé de nombreuses inondations, destructions, pertes humaines et matérielles. Une catastrophe naturelle terrible et un désastre pour les familles des victimes.

Il existe pourtant, au milieu de ce chaos, quelques données qui prouvent que les tempêtes ne sont pas toujours un désastre économique pour les pays concernés. C’est parfois même le contraire.

Un impact économique qui peut étonner

Les pertes humaines et matérielles ne sont pas à négliger : les conséquences individuelles des ouragans sont terribles. Mais si l’on observe les contrecoups d’une telle tempête au niveau macroéconomique, les chiffres peuvent surprendre. Les retombées ne sont parfois pas aussi néfastes que l’on pourrait l’imaginer.

Il arrive que les dégâts causés par un ouragan soient compensés économiquement… par ce même ouragan.

Nous pouvons distinguer deux grands domaines à l’origine d’une possible influence positive sur l’économie.  Paradoxalement, plus le phénomène de destruction est élevé, plus les retombées sont positives.

–        Hausse de la consommation

Les destructions entraînent des pertes matérielles. Les consommateurs doivent donc reconstruire, bricoler ou racheter en bloc de l’ameublement, du bois de charpente et de la peinture. Et l’impact s’en ressent.

La chaîne de magasin de bricolage et d’aménagement intérieur Home Depot, connaît de fortes périodes de bénéfices, à la suite des catastrophes naturelles. Concrètement, elle a vu sa valeur boursière augmenter de 1,4% après le passage de l’ouragan Sandy en 2012.

Les ventes de voitures explosent. Près d’un demi-million de véhicules avait été détruit après le passage d’Harvey en 2017. Et avant même le passage de l’ouragan, le prix de l’action des fabricants de caravanes et de mobiles homes avait déjà grimpé.

–         La reconstruction

Le secteur du BTP est généralement “bénéficiaire” de ces évènements. Comme lorsqu’une guerre se termine et que l’on observe une hausse de l’emploi : reconstruire est généralement un bon vecteur de croissance.

Cas similaire, l’ouragan Florence, qui est considéré comme l’un des plus destructeurs de l’histoire des Etats-Unis, pourrait également s’avérer être un soutien pour l’économie et la main-d’oeuvre américaine.

Des dommages industriels et commerciaux collatéraux

L’Ouragan Florence est d’une tel ampleur qu’il contraint certaines sociétés à revoir leur fonctionnement habituel pour s’adapter au cas d’urgence. La recherche de bénéfice n’est plus une priorité.

Beaucoup d’hôtels ont par exemple mis en place des systèmes de bons de réductions pour accueillir ceux qui auraient besoin d’un logement d’urgence.

La plateforme Airbnb a, elle, relancé son programme « Open house », qui propose aux hôtes de loger gratuitement les victimes des ouragans ou les forces secouristes et ouvrières venues minimiser les dégâts sur place.

Il y a d’autres conséquences qu’on ne prévoit pas. Le secteur des croisières est lui aussi impacté par les ouragans. Au vu des intempéries prévues à l’approche de Florence, la compagnie Norwegian s’est vue obligée de changer ses plans. Partie de Boston pour aller trouver le soleil des Bermudes, le bateau a finalement dû accoster… au port d’Halifax, en Floride. Un changement de programme qui n’a pas fait pas l’unanimité : le mercure du thermomètre y est bien moins élevé.

D’autres secteurs doivent s’adapter à l’arrivée de l’ouragan. Une porcherie en Caroline du Nord s’est vue contrainte de fermer ses portes pour éviter un désastre environnemental. Elle est gérée par Smithfields Foods, le plus grand transformateur mondial de viande de porc. La compagnie prévoit également de fermer Clinton, un abattoir de Caroline du Nord qui a la capacité d’abattre 10.600 cochons par jour. La perte est énorme pour la société.

Les compagnies d’assurance et de réassurance sont malmenées en bourse, depuis l’arrivée de cet ouragan. En guise d’exemple, Axa a perdu 0.9% en bourse au moment de son passage, Munich Re 2% et Swiss Re 1.5%.

Ces catastrophes restent de terribles épreuves

Il va de soi que dévaster volontairement toute une ville n’est pas une solution viable pour relancer la croissance.

A défaut de rebooster l’économie, les catastrophes naturelles ont parfois des conséquences qui permettent au moins de compenser les pertes matérielles.

De plus, l’état de l’économie locale va beaucoup influer sur la manière dont un endroit va se remettre d’une catastrophe naturelle. L’île de Porto Rico se remet très difficilement du passage de l’ouragan Maria, encore aujourd’hui.

Crédits : CC0 Licence

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