Sauver la planète #2 – 4 start-ups au service de l’eau

Cela semble couler de source : désormais, couper l’eau du robinet quand on se lave les dents ne suffit plus. Les besoins en eau potable mondiaux sont supérieurs à la quantité actuellement disponible.

D’ici 2025, près de deux tiers de la population mondiale vivra dans des régions exposées à de graves problèmes d’eau, selon les données des Nations Unies.

Pour tenter de lutter contre ces problèmes, les innovations sont nombreuses et la Green Tech se développe chaque jour un peu plus pour trouver de nouveaux moyens de préserver l’eau et d’éviter des désastres écologiques qui semblent inévitables : pénuries, maladies, ou pire : pour éviter de nouvelles guerres et de nouvelles grandes migrations.

Dessaler l’eau de mer

97.5% de l’eau totale sur Terre est salée, donc non potable et inutilisable pour l’industrie et l’agriculture. Quasi 2% de l’eau est, elle, inaccessible car emprisonnée dans les glaciers ou enfouie trop profondément dans le sol, laissant ainsi moins d’1% d’eau consommable dans le monde. Le dessalement de l’eau semble donc être une solution providentielle, mais cela nécessite des moyens très coûteux en énergie.

Mascara Renewable Water, s’est plongé dans le problème et en a ressorti Osmosun : une unité de dessalement qui utilise le soleil comme seule énergie. Des panneaux ou serres solaires sont installés à côté de l’unité. Avec l’énergie récupérée, la pompe récupère l’eau salée dans la mer ou dans le puit, la prétraite, puis la dessale et s’en suit la phase de chloration et de reminéralisation de l’eau. Osmosun est la première technologie de dessalement qui ne nécessite pas de batterie, est peu coûteuse et ne dégage pas de CO2.

Prendre de la hauteur et contrôler l’arrosage

L’irrigation agricole utilise 70% de l’eau douce disponible sur Terre. La population mondiale qui ne cesse d’augmenter nous mène tout droit à une explosion des besoins en eau.

Dans un futur proche et pour mieux contrôler leur utilisation d’eau tout en évitant le gaspillage,les agriculteurs pourraient surveiller le taux d’humidité de leurs sols, grâce au simple passage d’un drone au-dessus de leurs terres. Ce qui permet de cibler les zones à irriguer, et d’ainsi économiser une grande quantité d’eau habituellement versée à tort dans les champs.

La société Microdrones, a lancé une série de drones destinés à l’agriculture. Equipés d’appareils photos, de capteurs multispectraux, thermiques et d’un lidar (appareil qui utilise un laser, à l’image d’un radar), il est capable de créer la cartographie d’un champ. Il est en mesure : d’estimer le rendement, de surveiller les substances nutritives ainsi que le taux d’humidité mais aussi d’identifier les problèmes de maladies, de parasites, ou de stress hydrique.

A l’aide de la carte thermique, il est donc possible d’identifier les lieux qui manquent d’irrigation, et ainsi de cibler l’arrosage. Certains drones sont même équipés pour arroser eux même le terrain.

Moissonner le brouillard

C’est au Maroc que les premiers résultats de cette technologie saugrenue ont été observés. Récupérer l’eau des brouillards, ce qui a permis à différents villages d’obtenir l’eau courante, là où les habitants devaient faire des heures de marches avant de trouver de l’eau. L’initiative de base vient de Fog Quest, qui l’a expérimenté au Chili et dans différents lieux d’Amérique latine. Ensuite, c’est l’entreprise allemande Aqualonis, qui a créé son propre système et installé de gigantesques filets dans des villages au sud ouest du Maroc.

Le « cloud fisher » donc, est le premier prototype de ce genre à pouvoir résister à des vents dépassant les 120km/h. En altitude et face à un épais brouillard, les filets piègent les gouttes d’eau. Elles sont ensuite traitées et mélangées à l’eau de forage puis transportées aux villages en contre-bas par des canalisations. Le système fonctionne « comme une toile d’araignée » qui emprisonne les gouttelettes de condensation.

Ce type de construction est adaptable à toutes les régions montagneuses et de front de mer propices à la formation de brouillard. Il permet ainsi de produire de l’eau dans les régions les plus arides.

De l’eau pure, partout avec soi

La contamination de l’eau est aujourd’hui la cause la plus importante de maladie et de décès à l’échelle mondiale. 158.500 litres d’eau polluée sont déversés chaque seconde dans la mer par les bateaux et les usines de dessalement. Dans certains pays, les enfants boivent l’eau provenant de sources dans lesquels les animaux ont uriné, faute de mieux.

De nombreuses sociétés se jettent à l’eau aujourd’hui pour répondre à ces problématiques et un nombre conséquent de purificateurs d’eaux a été inventé. Généralement encombrants et coûteux, cette eau dépolluée n’est malheureusement pas accessible à tous.

Sunwaterlife, une société française, a développé un système utilisable par tous et partout dans le monde. Le concept est simple, et tient dans la main : une valise purificatrice. Robuste, autonome en énergie et portable, elle est facile d’utilisation. Il suffit de l’amener près de n’importe quelle source d’eau. Elle est agrémentée d’un panneau solaire, d’une petite pompe et d’une membrane de filtration qui permettent de faire sortir l’eau propre de manière instantanée.

Créé en 2014 pour certaines régions d’Afrique, Sunwaterlife distribue maintenant ses différents systèmes de purificateurs d’eau partout dans le monde : Canada, Etats-Unis, Chili, etc. Ils s’ouvrent dorénavant aux pays asiatiques avec Sunwaterlife Asia.

Ces initiatives ont un impact considérable sur la préservation de l’eau et de notre Planète Bleue, dont l’importance est parfois encore sous-estimée. D’ici 2025 (sept ans seulement), pas moins de 3,5 milliards de personnes pourraient connaître une pénurie d’eau.

Crédits : CC0 Licence

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.