Florent Malbranche, co-fondateur de Brigad : « le futur du travail est indépendant! »

Nous avons discuté avec Florent Malbranche, co-fondateur de Brigad, une startup Made in France spécialisée dans la mise en relation entre professionnels des secteurs de l’hôtellerie et de la restauration.

La jeune startup vient d’annoncer une très belle levée de fonds série B de 6 millions d’euros, auprès de Serena, Leap Ventures et Jérôme Caille.

Quelles difficultés le secteur de l’hôtellerie-restauration rencontre-t-il?

C’est une bonne question, il y en a plein. Déjà si on parle de la France, il y a 300.000 postes en CDI à pourvoir dans le secteur de l’hôtellerie-restauration. Pour l’intérim, c’est entre 50.000 et 100.000 offres ouvertes. Pourtant, il y a toujours du chômage en France, surtout dans ces domaines. L’offre et la demande ne se rencontrent pas, une des raisons qui nous a poussés à lancer « Brigad ».

Il y a, par ailleurs, pas mal de facteurs qui ont générés cette situation. Ce sont avant tout des métiers peu valorisés, qui ne donnent pas toujours l’envie de s’éterniser. Situation en voie d’évoluer depuis quelques années, notamment grâce à des émissions comme « Top Chef » ou « Masterchef » qui mettent en avant la cuisine. Mais cela reste toujours un petit phénomène.

Ce sont également des postes sous-payés, pour la plupart. Les salaires ne sont pas forcément très bas, mais si vous le rapportez à la quantité d’heures travaillées, nombre gargantuesque par rapport à ce qui est déclaré, vous finissez, au final, très peu payé, exténué et souvent en mauvaise santé.

Enfin, et c’est le plus important selon moi, ce sont des métiers dans lesquels les professionnels bougent beaucoup, pour diverses raisons, et tout ceci crée cette instabilité dans ce secteur, nous menant à la situation actuelle où des centaines de milliers d’offres d’emploi ouvertes et un manque de main d’oeuvre. C’est pour cela que Brigad met en relation les restaurateurs et professionnels du secteur recherchant de la main d’oeuvre et les appliquants à ces postes, leur évitant d’avoir à déposer leurs CV dans tous les cafés et restaurants de leur ville.

Quand « Brigad » a été lancée?

« Brigad » c’est un projet qui commence à être âgé pour une start-up. Nous avons commencé à travailler dessus début 2016, mais le vrai lancement de « Brigad », tel que le produit existe aujourd’hui, a eu lieu fin 2016 – début 2017. Janvier est officiellement notre premier d’activité.

Dans quelles villes la plateforme est-elle présente? Et à l’international?

Historiquement, on s’est lancé à Paris. Il s’agit d’un projet assez citadin, demandant une forte densité de personnes, autant du côté employeur qu’employé, pour que la mayonnaise prenne et que la technologie fonctionne. Notre implantation ville par ville nous a permis de rapidement nous développer. Nous nous sommes vite déployés à Lyon, huit mois seulement après le lancement, puis Londres quelques temps plus tard.

Nous venons d’entamer une nouvelle phase de déploiement, un peu plus poussée cette fois. Nous venons de poser nos valises à Bordeaux et Lille. Prochaines étapes : Marseille et Nantes pour continuer notre installation dans les 10 plus grandes villes françaises. Nous aimerions également nous installer dans un nouveau pays d’ici l’an prochain!

En résumé, comment fonctionne « Brigad »?

La démarche débute quand un restaurant se connecte sur la plateforme et crée un besoin, comme « il me faut un serveur, ce soir de 20h à minuit, sur tel établissement » par exemple. A ce moment-là, un tarif s’affiche et la commande est validée par le professionnel.

Nous, automatiquement, on connaît le client, on connaît le type d’établissement, on connaît le métier et le besoin, et son historique sur notre plateforme. Tout ceci représente des éléments que l’algorithme va prendre en charge avant de matcher ce professionnel avec d’autres utilisateurs de la plateforme. Ceci nous permet d’envoyer rapidement tous les profils correspondants à l’annonce, mais également d’envoyer des propositions aux utilisateurs matchés pour les prévenir de l’ouverture d’un nouveau poste. A eux de choisir si, oui ou non, l’offre les intéresse. Si oui, la connexion entre le professionnel et l’utilisateur est faite automatiquement via notre plateforme.

Est-il fréquent que les compétences des individus et les besoins de l’entreprise ne matchent pas?

Il est quasiment impossible que les compétences ne matchent pas, vu que nous les vérifions en amont grâce à notre algorithme.

Avez-vous mis en place un système de notation sur votre plateforme?

Bien sûr! Il y a évidemment un système de notation sur la plateforme, mais surtout un système de « whitelisting » qui permet de lister nos utilisateurs favoris. Ce système permet de retravailler plus facilement avec les mêmes personnes via la plateforme. En cas de très belle expérience, vous pouvez noter votre expérience à hauteur de 5 étoiles et ajouter ces contacts dans votre liste pour retomber plus facilement sur leurs prochaines disponibilités et ouvertures! En cas de problème, vous laissez les contacts tels quels et vous n’avez plus qu’à laissez leurs nouvelles offres de côté.

Nous n’avons jamais eu de gros soucis avec des matchs faits via notre plateforme.  Le plus gros problème que nous avons à gérer reste l’absentéisme et les personnes qui ne viennent pas en mission après l’avoir acceptée. Dans ce cas précis, nous suspendons immédiatement le compte de la personne pour non-respect des conditions d’utilisation de la plateforme.

Pourquoi « Brigad » a eu besoin de lever des fonds aujourd’hui?

Cette levée de fond est importante à double titre. Dans un premier temps elle est importante car nous en avons besoin pour garder la même allure concernant notre développement. Mais elle est aussi importante car c’est une des premières levées de fonds de cette envergure-là dans le secteur RH et sur un secteur aujourd’hui extrêmement endormi.

Cette levée de fond, nous en avons également besoin pour plusieurs choses. Le coût technologique en est la première raison. Nous devons continuer de développer notre plateforme, et cela coûte cher. Nous avons investi beaucoup dedans. Nous en avons également besoin pour aider notre expansion dans d’autres villes et d’autres pays.

Hormis Serena, quels sont les investisseurs actuels de « Brigad », ou quels type d’investisseurs souhaitez-vous attirer à l’avenir?

Aujoud’hui, nous avons la chance d’être épaulés par plusieurs business angels. Nous avons également trois autres fonds à nos côtés : Leap Ventures, Square Capital (un fond anglais présent depuis nos débuts) et Fifty Partners, notre incubateur parisien. Nous ne remercierons jamais assez ces personnes pour leur aide et soutien sans faille.

Une des autres belles prises de cette levée de fond est Jérôme Caille, ancien CEO d’Adecco Monde, qui a décidé d’investir chez nous à son tour. C’est, pour nous, une véritable preuve que quelque chose de grand est en train de se passer ou de se tramer dans notre secteur, preuve nous poussant à continuer nos efforts. Il y a, selon nous, énormément d’efforts à faire, de changements technologiques à prévoir dans le monde du travailleur indépendant, véritable pilier du futur du monde du travail.

Qu’est ce qui attend « Brigad » dans les mois à venir?

Nous embauchons beaucoup de collaborateurs. Nous sommes 70 aujourd’hui et venons d’embaucher une une cinquantaine de personnes. Il y aura bientôt beaucoup de recrutement au siège de Paris, mais également dans les différentes villes dans lesquelles nous allons nous déployer.

Crédits photo : Brigad

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